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Friches : un enjeu à part entière pour la ville de demain



Les friches sont un problème environnemental qui touche majoritairement les villes car ces espaces ont perdu beaucoup de leur potentiel écologique. Ces friches, souvent issues de l'industrie ou de l'agriculture, sont des espaces délaissés qui peuvent représenter une opportunité pour le développement urbain durable.



I. Etat des lieux


Une friche est un terrain qui a été abandonné après avoir été utilisé pour des activités industrielles, agricoles, commerciales ou résidentielles. Ces terrains peuvent être laissés à l'abandon pour diverses raisons, comme la délocalisation d'industries, la fermeture d'entreprises, ou encore des changements dans les politiques d'aménagement du territoire. Les friches peuvent présenter des risques environnementaux en raison de la pollution potentielle du sol et de l'eau souterraine par des substances nocives et toxiques émises lors de l’activité des anciennes structures. Cependant, elles offrent également des opportunités pour le réaménagement urbain et la création d'espaces verts dans les villes afin d’améliorer la résilience de nos villes.

En 2020, on estime à environ 90 000 et 150 000 hectares la surface de friches en France.

Les friches, quelles que soient leurs natures, s’inscrivent dans un objectif de sobriété foncière. En 2021, la loi Climat et Résilience a mis en place l'objectif Zéro Artificialisation Nette (ZAN), une politique environnementale visant à stopper l'artificialisation des sols, c'est-à-dire la transformation de terrains naturels, agricoles ou forestiers en zones construites (logements, commerces, routes, etc.). Un des premiers objectifs est de diviser par deux la consommation de foncier à l’horizon 2030.


Qu’est-ce qu’un sol artificialisé et pourquoi les friches sont-elles alors un levier pour atteindre l'objectif ZAN ?


Les friches sont considérées comme des espaces déjà artificialisés. Un espace artificialisé est défini comme « une surface dont les sols sont soit imperméabilisés en raison du bâti ou d’un revêtement, soit stabilisés et compactés, soit constitués de matériaux composites » (Article L101-2-1 du code de l’urbanisme).

La réhabilitation des friches est l'une des stratégies pour atteindre cet objectif, car elle permet de réutiliser des terrains déjà artificialisés plutôt que d'en consommer de nouveaux.



II. Le potentiel des friches


Les friches offrent un potentiel considérable pour la transition écologique.

  • Leur réhabilitation représente un enjeu s’inscrivant dans une optique d’économie circulaire : en permettant d’une part de réutiliser des parcelles en leur attribuant de nouveaux usages adaptés et actuels et d’autre part, en réemployant potentiellement les structures et matériaux existant ou en recyclant ce qui peut l’être, réduisant l’impact carbone des nouvelles constructions.

  • Raréfaction du foncier : l’objectif ZAN fait peur aux collectivités et aux promoteurs immobiliers car menant indéniablement à une raréfaction du foncier disponible pour les nouvelles constructions. Avec des dizaines d’hectares de friches en France, ces espaces représentent donc une opportunité. Aussi, l’outil Cartofriche, créé en mars 2023 par le Cerema, recense plus de 8300 friches sur l’ensemble du territoire.

  • Restauration du potentiel écologique des villes et amélioration de leur résilience : les friches ; lorsque réhabilitées, sont d’une part dépolluées et peuvent être désartificialisées d’autre part. Ainsi, il est possible de réintroduire de nombreux services écosystémiques essentiels à la ville grâce à une potentielle renaturation des sols (utile contre la lutte contre les îlots de chaleurs urbains et l’imperméabilisation des sols causant des inondations entre autres).

  • Amélioration du cadre de vie des habitants et valorisation du foncier : la présence d’une friche fait baisser les prix de l’immobilier et dégrade l’image d’un quartier. Le réaménagement d’une friche permet de réutiliser de potentiels espaces urbains obsolètes, d’introduire de nouveaux usages et ainsi d’améliorer le cadre de vie des habitants.